Patrimoine historique

L'église Saint-Pierre

Avec primitivement un clocher mur tourné vers la Garonne sur la façade Est (sur l’emplacement du chœur), l’église Saint-Pierre accueillait déjà des fidèles dès le XIème siècle. A la fin du XIVème siècle, la famille Devoisins remplace l’ancien clocher par un autre ressemblant à celui de la basilique Saint-Sernin. L’église a subi au cours des siècles des outrages plus ou moins effacés par des restaurations.
Elle sera mutilée par l’installation du télégraphe Chappe sur sa flèche en 1834, frappée par la foudre plusieurs fois, et en 1944, éventrée par un avion de chasse allemand, nécessitant la réfection de la nef.
Depuis, l’église a vu récemment son pavement remplacé à l’occasion de l’installation d’un chauffage au sol (le carrelage précédent a été dégagé en 1826, mettant au jour des tessons de poteries du haut moyen âge). 

 

L'oratoire Saint-Exupère

Exupère, sixième évêque de Toulouse, venait se reposer des fatigues de son épiscopat à Blagnac, où il avait fait construire sa maison à l’emplacement de la chapelle actuelle. Il y recevait les malades et les pauvres. Il aimait beaucoup, paraît-il, les habitants de ce petit village.Les Blagnacais le lui ont bien rendu en le vénérant et en le faisant Saint-Patron de leur village. C’est dans ce lieu qu’il serait mort et inhumé au début du Vème siècle. A l’époque, toute cette partie de Blagnac n’était que terres cultivées. Une centaine d’années après son décès, la tradition raconte encore qu’un paysan qui habitait là, était hanté chaque nuit par le même rêve, celui qui lui annonçait que sa maison se trouvait sur l’emplacement de tombeau du Saint. Il en avisa les religieux de Saint-Sernin qui trouvèrent en effet les restes du saint homme et les emportèrent en châsse dans leur église.
Un petit édifice religieux dont il ne reste rien, fut élevé sans doute à l’endroit de son tombeau. La chapelle, construite peut-être par les chanoines du chapitre de Saint Sernin, date du XIVème ou du XVème siècle. Elle était entretenue par la Confrérie de Saint Exupère, établie à Blagnac. Elle fut très endommagée durant la période révolutionnaire. Déclarée bien national, elle fut vendue aux enchères en 1797 et acquise par Hilaire Bosc au profit de la Confrérie. Elle sera par la suite vendue à la fabrique de Blagnac. Grâce à la générosité des Blagnacais, sa restauration commence alors et s’achève en 1806. Depuis, elle a fait l’objet de plusieurs consolidations et même de transformations. Les peintures murales de la chapelle ont été classées monument historique le 20 mai 1922. La nef est devenue une salle de spectacle en 1989. Malgré un incendie survenu en 1990, les peintures, véritable richesse de ce lieu, n’ont subi aucun dommage. Elles ont récemment été consolidées.

Le monastère

Un imposant bâtiment, une chapelle et un château du XVIIème siècle composent le monastère de Sainte Catherine de Sienne. Le château succède à un édifice féodal vraisemblablement détruit pendant les guerres de Religion.
Jean d’Aldeguier, issu d’une famille noble de Millau, grand trésorier de la généralité de Toulouse, achète les terres qui lui valent le titre de baron ; il y construit un nouveau château au milieu du XVIIème siècle. Passé aux mains de différents propriétaires issus de la haute bourgeoisie et de la noblesse toulousaine, il est finalement vendu en 1748 à Gaspard de Maniban, premier président au parlement de Toulouse. Ce dernier, désireux d’en faire une demeure confortable, entreprend des travaux d’aménagements coûteux. En 1810, le château et ses dépendances sont vendus au général Compans qui s’y installe. Il y meurt en 1845. Après avoir servi de cadre à des fêtes galantes, et suite à l’expropriation forcée des nouveaux propriétaires, le château est acheté en 1850 par les Trappistines, venues de l’abbaye de Maubec (Drôme). Entre 1860 et 1885, elles construisent l’église et les bâtiments monastiques autour du vieux château. En 1870, le monastère est transformé en hôpital, puis en maison d’accueil pour les orphelines toulousaines, victimes de la crue de la Garonne en 1875. Pendant la première guerre mondiale, un hôpital temporaire y est implanté, accueillant notamment des soldats annamites. S’accommodant mal de l’urbanisation croissante de Blagnac, les Trappistines décident de quitter le domaine en 1938 pour aller en Gironde.

Une communauté de Dominicaines les remplace à partir de 1939.
Durant la seconde guerre mondiale, les bâtiments, à l’exception du château, sont occupés par les militaires allemands. Le domaine est endommagé. Après la guerre, des travaux de rénovation sont entrepris. En 1949, les moniales accueillent Louis Mazetier, célèbre peintre verrier qui réalise fresques et vitraux. Depuis les années 50, le monastère a varié ses activités : tour à tour fabricant de pâtes alimentaires, pension de famille, maison de retraite, confection d’objets religieux, afin d’assurer la survie matérielle de la communauté. Depuis 1987, les dominicaines partagent la tranquillité du site avec la communauté des Béatitudes. L’église conventionnelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs et de Sainte-Catherine-de-Sienne est un grand édifice de style néogothique en forme de L. Les peintures murales du chœur et de la nef des fidèles ainsi que l’ensemble des vitraux sont classés à l’inventaire des monuments historiques depuis le 30 avril 2001.

Four à briques et briquetiers de Blagnac

Le four à briques (passage piétonnier entre la rue des Amandiers et l’avenue du Parc). Ce four sauvegardé reste l’unique témoin d’une industrie disparue, mais profondément liée à notre terroir et, à ce titre, il fait partie du patrimoine blagnacais et même régional.
En l’absence de carrières dans le Midi toulousain, la brique est devenue le premier matériau de construction. Dès l’Antiquité, l’argile jaune de Blagnac, que l’on trouve sous 50 centimètres de terre arable, est exploitée pour sa qualité. Les briques confectionnées sur place vont être utilisées pour l’édification de multiples constructions dont l’amphithéâtre romain de Purpan, des ouvrages d’art du canal du Midi, la porte nord de la cathédrale Saint-Etienne ou encore la basilique Sainte-Germaine de Pibrac. Cette activité artisanale décrite comme particulièrement harassante en raison des postures toujours courbées et de la terre à charrier, va perdurer jusqu’en janvier 1941, date de la dernière fournée. L’extraction de l’argile se faisait durant l’hiver et la fabrication des briques, trempage de la terre, moulage et cuisson, de mars à fin octobre. Après la guerre, la mécanisation sonnera le glas des petites exploitations familiales.
Au début du XXème siècle, on comptait 7 briqueteries à Blagnac ou à proximité. Celle dont seul le four subsiste aujourd’hui avait été construite en 1868 par Bernard Gellé et est restée dans sa famille jusqu’à ce que la ville de Blagnac en devienne propriétaire en 1979.
Sa production annuelle atteignait 1 000 000 de briques, le four pouvant en contenir 22 000 et même 23 000 à chaque cuisson.
La restauration réussie de ce four permet de voir en contrebas les ouvertures des foyers à charbon qui fonctionnaient 72 heures non stop pour cuire les briques qui n’étaient évacuées encore chaudes qu’une semaine plus tard. Sur le côté, on trouve l’entrée du four.
Plusieurs qualités de briques étaient extraites d’une fournée. La « taille » se reconnaissait à sa couleur rose et au tintement qu’elle produisait. Relativement tendre, elle entrait dans la réalisation des arcs et des voûtes. La « foraine » dont les dimensions (28x42) n’avaient pas changé depuis l’Antiquité, plus rouge, cuite à la périphérie du four, très cotée, servait à édifier les murs extérieurs. Enfin les briques les plus pâles étaient affectées aux cloisons intérieures.

Publications

Histoire, morceaux choisis. (Faits et lieux les plus marquants de l'histoire de Blagnac - 2005).

De l'aérogare à l'aéroport, l'odyssée d'une ville